Ligne de Front - 1900 / 2000 : un siècle de guerre terrestre : analyse, documents et témoignages

« Il y a tant de façons de compter les morts. 1 165 Marines et membres d’autres corps. En détaillant comme il se doit, nous perdîmes
195 hommes par secteur de débarquement ou par bataillon ; 16 par heure de combat ; 1 toutes les 3 minutes trois quarts ; le tout
sur à peine 5 kilomètres carrés de misère... Et l’ennemi en perdit 4 fois autant. Mais ce sont là des comptes de politiciens et de
journalistes. Comptons plutôt les morts du plus profond de nos coeurs. Voici le ciel équatorial, un ciel gris de plomb dans la quasiobscurité
qui précède l’aube. Voici l’Armada des âmes alignées ; Américains se préparant à vivre un drame mystérieux, une tragédie.
Tous ont répété mais ont plus le trac que des acteurs débutants s’apprêtant à faire leur entrée sur une scène inconnue. »
D’après Thomas G. Pettit, USMC
« De toutes les raisons de nos insuccès du début, je ne mets pas en première place
la soudaineté, c’est-à-dire que nos armées auraient été surprises par l’attaque, mais
la qualité de l’armement allemand, l’habileté des Allemands dans le maniement des
engins de guerre et la compétence des commandants allemands dans la direction
des armées. C’est bien cela la raison de nos défaites principales du début de la
guerre. Il faut regarder la vérité en face et ne pas se sentir gênés d’avouer qu’au
début de la guerre l’ennemi était beaucoup plus fort et expérimenté que nous,
mieux formé, armé et préparé. Nous avons dû apprendre à nous battre au cours de
la guerre; nous avons appris et avons alors commencé à battre les Allemands. »
Maréchal Joukov
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« Ouest : Ce matin à 06h00, les troupes britanniques ont débarqué
à Dieppe. Hier, l’activité aérienne ennemie n’avait rien laissé
présager de tel. Le débarquement s’est opéré sur un front de trente
kilomètres. À Dieppe même, des chars britanniques ont été mis
au sol mais les hauteurs restent fermement entre nos mains. La
SS-Division « Adolf Hitler » et la 10. Panzer-Division ont été mises à la disposition du commandant du secteur, le général Kuntzen,
chef du LXXXI. Armeekorps. Le Führer prend une nouvelle
fois en considération la possibilité de transférer la division« Grossdeutschland » à l’Ouest. Néanmoins, il abandonne l’idée
après compte rendu de l’OB West indiquant que toutes les forces
débarquées seront vraisemblablement maîtrisées d’ici ce soir. »
Notes de Helmuth Greiner
Journal de guerre du Quartier-Général d’Hitler - 19 août 1942
L’île de Grenade, située au Sud des Caraïbes à 190 kilomètres des côtes du Vénézuela, représente l’un des plus
petits et des plus pauvres états du monde. À l’automne 1983, ce minuscule pays d’à peine 350 kilomètres
carrés pour 100 000 habitants allait pourtant devenir le lieu de la plus grande opération militaire américaine
entre le retrait du Vietnam en 1973 et la Première Guerre du Golfe en 1991.
Sous le commandement de l’amiral
Joseph Metcalf, conseillé par le général H. Normann Schwartzkopf de l’US Army, les forces déployées mettraient
ainsi en oeuvre 21 bâtiments de l’US Navy, dont le porte-avions USS « Independence » et le porte-hélicoptères
d’assaut USS « Guam » ainsi que 7 300 hommes des Marines, de l’Army et des Special Forces. Qualifiée tourà tour d’invasion ou de libération en fonction des partis pris idéologiques et politiques, l’opération baptisée« Urgent Fury » fut surtout l’occasion pour Washington, sous des dehors d’opération humanitaire, de supprimer
une position potentiellement hostile et susceptible de renforcer l’influence soviéto-cubaine dans la région.
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