Ligne de Front - 1900 / 2000 : un siècle de guerre terrestre : analyse, documents et témoignages

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Ligne de Front hors-série n°34 : 6 juin 1944 - Le Jour le plus Long

Ligne de Front Hors-série N°4

Le 2e BEP en Indochine
Les paras de la légion, de Saigon à Diên Biên Phu

EPUISÉ

Ligne de Front hors-série n°4 : le 2e BEP en Indochine

Le 2e Régiment Étranger de Parachutistes, implanté à Calvi, fête le 20 septembre 2008 le soixantième anniversaire de sa création. Ligne de Front se devait à cette occasion de rendre hommage à une formation d’élite dont l’histoire est indissociable de celle de la guerre d’Indochine, qui l’a vue naître en tant que bataillon.

Initialement, ce n’est pas un, mais deux bataillons de légionnaires-parachutistes qui sont créés en 1948 pour servir en Extrême-Orient. Anéantis à Diên Biên Phu, ces Bataillons seront reconstitués sur place à l’été 1954, avant d’être rapatriés en Algérie où, en 1955, ils deviendront régiments et connaîtront une nouvelle guerre, plus cruelle et plus pernicieuse encore. Le 1er Régiment Étranger de Parachutistes n’allait d'ailleurs pas survivre au conflit algérien. Ayant soutenu le putsch des Généraux, il devait être dissous le 30 avril 1961. Le 2e REP deviendra quant à lui l'un des régiments les plus célèbres de l'Armée française, se distinguant notamment lors de l'intervention sur Kolwezi en 1978. Pour autant, le choix de ne consacrer ce hors série de Ligne de Front qu’au seul 2e BEP ne relève d’aucun parti pris. Pour des raisons simplement rédactionnelles, il était impossible de traiter simultanément de l’histoire de ces deux bataillons. C’est finalement la recherche iconographique préalable à ce travail qui nous a conduits à sélectionner le 2e BEP, pour lequel nous disposions d’un fond photographique plus riche.

Restait le texte… Une expérience récente nous avait amenés à constater que la synthèse d’un journal de marche était inévitablement réductrice et présentait souvent aux yeux des vétérans une source de frustration, de déception. Nous avons donc décidé de publier celui-ci sous forme d’extraits complétés de témoignages qui constituent autant de documents bruts dont nous espérons qu’ils feront la joie des Anciens, des chercheurs et des passionnés.

Sommaire :

Introduction :

Naissance d'un bataillon
« Gaultier règne sur la Légion avec tant d’omnipotence et de panache qu’il a été surnommé Louis-le-Magnifique par les uns, Dieu-le-Père par les autres. Caillaud s’était présenté à lui.
« Tu arrives bien, lui avait dit Gaultier, je cherche des officiers pour encadrer le deuxième bataillon de paras que j’ai reçu l’ordre de former. Es-tu partant ? »
Souvenir du capitaine Robert Caillaud

Chapitre 1 :

Les premiers pas en Indochine
« Le 3 novembre 1949, le 2e B.E.P. quitte le Cambodge, où il faisait un travail de troupe de secteur, pour passer en réserve générale à Tan Son Nhut, l’aéroport de Saigon. Fini l’éparpillement en sections ou en compagnies. Pour la première fois depuis son débarquement en Indochine, il y a neuf mois, il est regroupé au complet ! Le bataillon est mis à la disposition du général Carpentier, commandant supérieur, mais, le Tonkin disposant de ses propres bataillons parachutistes, la réserve générale aéroportée de Saigon est seulement destinée, en fait, à intervenir en Cochinchine, en Annam, au Cambodge et au Sud-Laos. Une compagnie reste en alerte immédiate, prête à embarquer, une deuxième est mise en alerte à douze heures, une troisième à vingt-quatre heures, avec possibilité de faire des petites opérations, de vingt-quatre heures, dans le voisinage. Chaque semaine, les compagnies changent de rôle. »
Pierre Sergent, Le 2e BEP en Indochine

Chapitre 2 :

Le deuxième soufle
« (Le) 16 septembre 1950, on rigole (...) bien. Quelques A.F.A.T. et infirmières ont accepté de venir partager le dîner des officiers consignés à la base arrière1 en raison d’une alerte générale. Que se passe-t-il ? On ne le sait pas au juste. « Ça bouge le Nord », du côté de la frontière chinoise, c’est tout ce qu’on a appris. En attendant des renseignements complémentaires, le commandant Solnon a autorisé un « dégagement » sur place, pour arroser les bonnes nouvelles reçues coup sur coup : le 2e B.E.P. est cité à l’Ordre de l’Armée pour son action au Centre-Annam en janvier et février ainsi que la 2e Compagnie pour son action à Tra Vinh, le 1er avril ; le lieutenant Cabiro reçoit la rosette. La fête bat son plein quand un planton vient prévenir le chef de bataillon qu’il est convoqué d’urgence à l’état-major. Là, Solnon apprend que le B.E.P. doit fournir sur-le-champ deux compagnies pour être aérotransportées à Hanoi. On a besoin de renforts parachutistes au Tonkin afin d’évacuer les garnisons de postes attaqués par les Viets près de la frontière chinoise. »
Pierre Sergent, Le 2e BEP en Indochine

Chapitre 3 :

La gloire & le sang
A peine rentré à Hanoi, le 2e BEP est aussitôt mis en alerte. Renonçant à s’emparer de la ville et mettant à profit l’arrivée de la saison sèche, le Viêt-Minh a décidé de prendre le contrôle de la région Nord-Ouest du Tonkin. Cette zone montagneuse située aux confins entre la rive droite du fleuve Rouge et le Nord Laos est majoritairement peuplée de Thaïs, regroupés sous forme d’une fédération, nettement hostile aux rebelles vietnamiens. D’un point de vue politique, la perte du « Pays Thaï » francophile serait désastreuse. Sur le plan stratégique, une telle éventualité permettrait au Viêt-Minh d’ouvrir la route menant au Nord Laos et d’accentuer la pression sur le delta du fleuve Rouge.

Chapitre 4 :

Une guerre sans fin
Le 18 octobre en fin d’après-midi, le 2e BEP est de retour à Hanoi après deux mois d’absence ponctués par la mort dramatique du commandant Raffalli. Il retrouve pour quelques jours le rythme d’un bataillon au repos : permissions, remise en état du matériel et de l’armement, instruction. Le 28 octobre, au cours d’une prise d’armes au stade Mangin, le Fanion du Bataillon reçoit la fourragère aux couleurs de la Croix de Guerre TOE des mains de M. de Chevigné, secrétaire d’État à la Guerre. Cet événement est cependant occulté par la remise d’un contingent généreux de décorations au 6e BPC de Bigeard qui rafle de la sorte la vedette, ce qui n’est pas sans susciter quelques aménités.

Chapitre 5 :

Diên Biên Phu : le sacrifice
« Le 10 avril, je pars avec mon capitaine et mon radio pour aller faire la reconnaissance du terrain. À un moment donné, un obus tombe sur nous. Le capitaine Delafond qui était derrière moi a eu la calotte crânienne emportée et j’ai reçu une partie de sa cervelle sur moi. À la vision de ce vieux copain de dix ans, j’ai eu une barre sur les boyaux, j’étais neutralisé.
J’ai mis trois heures à récupérer. Il faut le savoir, la guerre c’est ça. Il ne faut pas avoir honte de le dire. 
»
Chef de Bataillon Hubert Liesenfelt,

 

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